Kiboot

 

0-9  A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z

International

Nouvelle-Calédonie : la barrière de corail a blanchi.


Le 15 Mai 2016
   



Les récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie, les plus importants au monde après ceux de la Grande Barrière australienne, perdent leurs couleurs depuis février. Les scientifiques de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) de Nouméa ont observé un blanchissement massif de la barrière de corail de 1 600 km de long qui entoure l'archipel d'outre-mer.

Ce phénomène est un signe de stress des coraux, qui perdent leurs micro-algues, ces organismes qui en font des récifs... vivants. Leur état inquiète plus que jamais les observateurs. " Au plus fort du blanchissement, plus de 90 % des récifs coralliens de la Grande Terre et des récifs éloignés d'Entrecasteaux étaient concernés, explique Claude Payri, directrice de recherche à l'IRD de Nouméa. En Polynésie française, à La Réunion et à Mayotte, le phénomène s'est déclaré plus tardivement et avec une intensité moindre. " Les coraux s'observent, en effet, à l'échelle de la planète, essentiellement dans le Pacifique et l'océan Indien.

En cause : une anomalie météorologique qui affecte les eaux de la Nouvelle-Calédonie. Météorologues et océanographes de l'IRD expliquent que la surchauffe anormale de l'eau de mer enregistrée depuis plusieurs mois dans la région en l'absence d'alizés est en cause. Les eaux de surface ont connu un record de chaleur en février, conduisant à cet épisode de blanchissement comme il n'y en a pas eu depuis l'été austral 1995-1996.


Plus de 90 % des récifs coralliens touchés.

Les coraux blancs de Nouvelle-Calédonie interpellent d'autant plus qu'ils passaient jusqu'alors pour le joyau préservé du Pacifique. La Grande Barrière australienne est, elle, depuis longtemps considérée comme menacée par les changements écologiques, et a fait l'actualité récemment en raison du scandale de la mine de charbon géante du Queensland, tout près des récifs coralliens. " Il est tout de même étonnant que le phénomène affectant les récifs coralliens français soit moins médiatisé que celui observé sur la Grande Barrière australienne, s'indigne Claude Payri. La France a une responsabilité vis-à-vis de ces écosystèmes, dont la moitié est classée au patrimoine mondial de l'Unesco. " Désormais, ils font même partie de l'une des plus grandes aires marines protégées au monde, le parc marin de la mer de Corail, créé en avril 2014 par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

" Les activités humaines fragilisent l'état de santé des coraux en dégradant leur environnement, explique la scientifique de l'IRD. L'exploitation des mines de nickel, le prélèvement de ressources marines mais aussi l'urbanisation du littoral et les pratiques agricoles pourraient les rendre plus vulnérables à la surchauffe de l'eau. "


Un fragile trésor de biodiversité classé au patrimoine mondial.

Claude Payri ne veut pas être alarmiste pour autant. " Le blanchissement n'a pas affecté toutes les espèces ni tous les sites. Trois mois après le début du phénomène, plusieurs espèces ont déjà récupéré leurs micro-algues symbiotiques. " D'autres ont cependant montré des taux importants de mortalité, même s'il ne s'agit pas des plus abondantes. " L'événement laissera des traces dans le paysage corallien ", conclut la scientifique. Toutefois, des blanchiments tardifs mais aussi des pertes de fertilité des organismes sont à craindre.

Les récifs coralliens sont les équivalents des forêts tropicales, des paradis foisonnants pour la biodiversité. La barrière de corail de Nouvelle-Calédonie abrite plus de 20 000 espèces marines, dont 400 espèces de coraux et plus de 2 300 poissons. Un milieu incroyablement riche, où une disparition, même partielle, de récifs coralliens menace tout l'équilibre de l'écosystème local.



Source de l'article.


   


Publicité