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Écologie

Les déchets mettent les forêts en danger.


Le 10 Février 2016
   



Les zones de pollution se multiplient dans le massif de Saint-Gobain et de Coucy-basse. Malgré la mobilisation, les dépôts sauvages reviennent ou tombent dans l'oubli.

Quatre-vingts kilos de déchets ramassés en octobre par l'association Localupé, à Saint-Gobain, en bordure de route en direction de Septvaux ; le tout en une heure. Des carcasses de téléviseurs, des canettes en aluminium, des bouteilles en verre, et beaucoup de plastiques récoltés par les membres de la bibliothèque de Barisis-aux-Bois, le 30 janvier, le long des quatre accès (sur cinq) pour rentrer dans la commune.

Les initiatives des associations et des amoureux de la forêt se multiplient ces derniers temps pour la nettoyer des détritus abandonnés çà et là dans le massif de Saint-Gobain et Coucy-basse. Des opérations qui pourraient malheureusement se multiplier, par des adhérents et des agents de l'état, comme le craint l'Office national des forêts (ONF), et notamment dans la cité des Verriers. C'est le sens d'un courrier envoyé dernièrement à la municipalité par l'unité territoriale de Saint-Gobain, après avoir pris connaissance de la fermeture de la déchetterie de l'ancienne Manufacture des glaces, gérée par le Sirtom du Laonnaois (Syndicat intercommunal de ramassage et de traitement des ordures ménagères). L'ONF a fait part d'une " vive inquiétude quant à cette décision et face aux éventuelles conséquences nuisibles pour le massif forestier de Saint-Gobain ". Des peurs suscitées par des discours d'habitants, annonçant que plutôt que de se rendre à la déchetterie de Beautor, ils iront jeter leurs encombrants en forêt.

En deux ans, l'unité de Saint-Gobain a déjà récupéré 24 tonnes de déchets sur les bois gobanais et de Coucy-basse, pour un coût de 23 100 euros. Une facture qui revient ensuite au contribuable, dans le cadre des fonds attribués par le Département aux sept unités de l'Aisne.

Dans les bois gobanais et des environs, " cela va des déchets verts jusqu'à la voiture brûlée, en passant par des plaques de fibrociment, toutes sortes de gravats, des ordures résiduelles, de la nourriture. Il y a de tout " déplore Julien Staub, responsable de l'unité territoriale de Saint-Gobain. Et de continuer : " Dès qu'il y a un accès en forêt ou des parkings ", il y a des risques de retrouver de la pollution. " Dès que les gens ont la possibilité de laisser des choses, ils le font ". Dernièrement les agents de l'ONF ont récupéré un matelas à proximité des Roches de l'Ermitage. Un lieu touristique, avec un départ de balade en forêt et où l'on retrouve l'été des familles qui viennent pique-niquer.

Des randonneurs peuvent être surpris de ne pas voir de poubelles pour jeter les emballages des repas. Mais c'est voulu. Pour éviter que d'autres poubelles ou déchets viennent à être déposés, l'ONF a volontairement choisi de ne pas équiper les lieux. " Il y a de plus en plus de gens irrespectueux. C'est un problème de civisme ou d'éducation ", constate l'agent de l'ONF.

Il y a une semaine, c'est l'équivalent de trois petits camions remplis de déchets et avec des meubles abandonnés qui ont été déchargés en déchetterie.

En forêt de Coucy-basse, face aux mauvaises pratiques, élus et agents de l'ONF réfléchissent aux moyens pour faire baisser ces mauvais comportements.


Barisis-aux-Bois : des détritus plus vraiment verts.

À Baris-aux-Bois, depuis le Moyen âge, la gestion de la forêt est aussi l'affaire des habitants. On y pratique encore l'affouage, autrement dit la possibilité d'acquérir du bois de chauffage domestique sur les parcelles de la commune. Et ceci moyennant une taxe et de le sortir ensuite par ses propres moyens, dans une période donnée.

Avec ce droit médiéval, il y a quelques années, des zones de dépôt des déchets verts avaient également été mises en place, notamment au lieu-dit Bernagousse, après la carrière. L'initiative, si elle était louable au départ, a fini, comme souvent, par donner de mauvaises idées. Désormais, à côté des branchages et autres tiges de massifs coupés, on retrouve dans un bosquet plus éloigné de nombreuses plaques de fibrociment (certainement amiantées), une batterie de voiture, une multitude de gravats... Des particuliers ou des artisans - qui parfois facturent en même temps la prise en charge en déchetterie - ont profité de la première zone pour jeter d'autres matériaux.


Dégradable en 500 ans.

Plus loin encore, c'est une carcasse de réfrigérateur, des morceaux de polystyrène (enfoui, dégradable en 500 ans) qui ont été abandonnés au milieu des arbres... Plutôt qu'à la déchetterie des Michettes, à Coucy-le-château.

Pour inverser cette tendance, les élus de la commune ont décidé l'interdiction des dépôts de déchets verts. Et dans le même, il a été rappelé que le brûlage à l'air libre de matières organiques et d'autres produits, est aussi interdit. Malgré la fin du ramassage des encombrants avec la création de la déchetterie, certains convoyages sont possibles sur demande (en mairie) pour les personnes âgées et sans transport. Les habitants sont aussi invités à utiliser des bacs à compost et des actions de sensibilisation ont été menées et continueront à être mises en place. En parallèle " des mesures sont en cours et on a bon espoir " commente Wilfrid Perdu, conseiller municipal. La municipalité réfléchit à la possibilité de renforcer les contrôles sur les chemins interdits aux engins à moteur, et dans le même temps de mieux surveiller les dépôts sauvages.



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