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International

Une catastrophique fuite de gaz identifiée mais pas encore réparée en Californie.


Le 2 Janvier 2016
   



Depuis deux mois, une colossale fuite de méthane rend malades de nombreux habitants de Californie. Elle vient d'être identifiée. Plus de 4 600 foyers doivent être relogés.

Entre 44 et 58 tonnes de méthane par heure. Voilà ce qui s'échappe, depuis le 23 octobre, d'un puits sous-terrain de gaz naturel sur le site d'Aliso Canyon, un ancien gisement de pétrole situé à une cinquantaine de kilomètres de Los Angeles, en Californie.

Deux mois après la découverte de cette fuite de gaz massive à Porter Ranch, la société de distribution Southern California Gas Co (Socal Gas), qui vient enfin d'en identifier la source, va pouvoir commencer à maîtriser ce qui s'apparente à une vraie catastrophe écologique.


75 000 tonnes de gaz déjà libérées.

Socal Gas a annoncé le forage d'un second puits parallèle visant à détourner les émissions de gaz vers un réservoir naturel situé à 2400 mètres de profondeur. Des travaux délicats qui devraient commencer début 2016 et durer... de trois à quatre mois.

Il sera plus que temps: la fuite, qui, selon l'organisation américaine Environmental Defense Fund, a libéré près de 75?000 tonnes de méthane dans l'atmosphère, a rendu malades de nombreux habitants de la région.

Car si la compagnie de gaz assure que les émanations de méthane ne sont pas dangereuses pour la santé (ce qui est vrai tant que les concentrations ne sont pas trop importantes), celles de l'additif utilisé pour identifier les fuites inodores de méthane sont désagréables, voire nocives. Plusieurs riverains se sont plaints de nausées, de maux de tête et de saignements de nez.


" L'équivalent de 7 millions de voitures par jour pendant un an ".

Au total, 2164 foyers ont été relogés aux frais de Socal Gas après une mobilisation générale des habitants de la région. Quelque 2600 autres attendent leur tour.

L'organisation américaine Environmental Defense Fund (EDF), qui estime la quantité déversée en temps réel, évalue l'impact climatique de la fuite à " la conduite de 7 millions de voitures par jour pendant un an ".

Sa vidéo, réalisée grâce à une caméra thermique (voir ci-dessous), a permis de filmer les émanations de méthane, invisibles à l'œil nu. Elle confirme que cette colossale fuite de gaz représente l'une des plus grandes catastrophes écologiques depuis la fuite de pétrole de la plateforme Deepwater Horizon de la compagnie BP dans le golfe du Mexique, en 2010.


Le méthane: un gaz naturel qui favorise l'effet de serre.

Le méthane est naturellement présent dans l'atmosphère terrestre, mais en raison de l'activité humaine son taux dans l'atmosphère a plus que doubler depuis la révolution industrielle, atteignant 1,75 ppm (précisément de 1 748 ppb en 1998). Il tendait à se stabiliser en 2006-200719 avant de réaugmenter et de connaitre un nouveau record en 2012 (1,819 ppm, soit + 260 % par rapport au niveau préindustriel).

Sa durée de vie est assez brève, moins de dix ans, dans l'atmosphère, mais c'est un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2, responsable, au niveau actuel de sa concentration, de quelques pour-cent de l'effet de serre total à l'œuvre dans notre atmosphère. Ainsi, à titre comparatif, sur un horizon de 100 ans, relâcher une certaine quantité de méthane dans l'atmosphère a un effet sur le réchauffement climatique environ 9 fois plus important que de brûler cette même quantité de méthane en dioxyde de carbone (CO2).



Source de l'article.


   


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