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International

Il a fait 20 degrés de plus que la moyenne au Pôle Nord.


Le 1 Janvier 2016
   



Douceur anormale sur le Pôle Nord où le thermomètre indiquait mercredi des températures comprises entre 0 et 2°C, supérieures d'au moins 20°C aux normales saisonnières. Sans doute un effet d'El Niño qui s'aventure au Nord, selon les spécialistes.

Avis aux climato-sceptiques : le Pôle Nord n'est plus ce qu'il était. Mercredi on y a enregistré des températures comprises entre 0 et 2 degrés Celsius (°C), des valeurs jamais vues jusqu'ici ! En cause, une violente dépression qui affecte l'Atlantique nord, indiquent les services météorologiques canadiens.

"Cette dépression profonde fait avancer de l'air chaud jusqu'au Pôle Nord, où les températures sont au moins supérieures de 20 degrés Celsius par rapport à la normale", commente Natalie Hasell, météorologue au ministère canadien de l'Environnement citée par l'AFP. La dépression, avec ses températures plus chaudes, devrait se déplacer dans les prochains jours vers la Sibérie, dans le nord de la Russie.

Après avoir fait connaître à l'est du Canada un Noël exceptionnellement chaud (15,9°C le 24 décembre à Montréal pour des moyennes souvent proches des -10° habituellement), cette dépression très puissante a gagné l'Atlantique nord.

Actuellement centrée sur l'Islande, elle y fait chuter la pression de l'air à 928 hectopascals, ce qui entraîne des vents de 140 km/h et des vagues de 15 mètres de haut. "Ce n'est donc pas surprenant que les températures chaudes soient poussées si au nord et que des vents violents touchent l'Angleterre" où l'armée a été mobilisée face aux intempéries, ajoute cette spécialiste des épisodes climatiques extrêmes.


Réchauffement climatique: l'Arctique en première ligne.

L'Arctique est la région du globe la plus affectée par le réchauffement climatique, avec des températures supérieures de 3°C minimum par rapport à l'ère pré-industrielle. Résultat : des chutes de neige plus fréquentes, des vents plus violents et une banquise qui ne cesse de reculer depuis plus de 30 ans. Mais il serait toutefois hâtif de lier les températures douces observées au Pôle Nord en cette fin 2015 au réchauffement climatique, prévient Natalie Hasell. De fait, les météorologues ne fondent pas leurs conclusions "?sur une seule anomalie". Reste que "c'est vraiment bizarre d'avoir des températures autour de 0 fin décembre au Pôle Nord", s'étonne-t-elle.


El Niño s'aventure au Nord.

Des scientifiques américains du North Pole Environmental Observatory (NPEO) ont relevé que le mercure avait brusquement grimpé ces derniers jours passant de -37°C lundi, à -8°C mercredi, sur une balise dans l'Arctique située à environ 300 km du Pôle Nord, relève James Morison, chercheur au NPEO.

Ainsi, Iqaluit, la capitale du territoire inuit du Nunavut, située au nord-est du Canada sous le cercle arctique, a-t-elle enregistré à Noël des températures comprises de -4,6°C et -4,9°C, très loin des -21°C qu'elle connaît en moyenne. Bref, du jamais vu. L'île de Baffin, sur laquelle se situe Iqaluit, a même connu des pluies en décembre, souligne David Phillips, météorologue au ministère canadien de l'Environnement.

"C'est sans doute El Niño qui s'aventure au Nord", a-t-il affirmé à propos de ce phénomène climatique qui survient tous les quatre à sept ans en moyenne. "La raison pour laquelle on voit des températures aussi extrêmes est qu'El Niño survient en plus du réchauffement climatique, a expliqué à ici.radiocanada Simon Donner, spécialiste du climat de l'Université de la Colombie-Britannique. "El Niño signifie un hiver doux pour une bonne partie du Canada et El Niño, additionné au réchauffement climatique, signifie un hiver doux record".



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